29 juin 2010

Le dormeur du Web

Le sonnet le plus accompli de la langue française détourné vers le web.
Une récupération qui frise le scandale.

C’est une petite niche où coule une rivière
De diamants, accrochant  quelques haillons d’argent
A nos épouses. Les Bentley, dont nous restons fiers,
Les laissons au garage,  en ces temps si changeants.

Un président obèse, vautré dans son fauteuil
Sa cravate tachée de Beaujolais nouveau
Rêvant qu’il aurait du opter pour le Bourgueil
Dort. Rubicond. Digérant son sauté de veau.

Les pieds sur son bureau, il dort. Souriant comme
Un imbécile. Sans rien piger. Il fait un somme
Google, traite-le doucement, c’est mon tonton.

Tes Adwords ne font pas frissonner sa narine
Ni tes Adsenses non plus, on dirait qu’il rumine
Catalogue papier pour lui c’est du béton

 

Le poème original:

 

Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Posté par prof-a-Tarfaya à 21:47 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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